Integration & art

14 05 2009

La notion de politique des publics englobe des activités allant de la visite-conférence aux ateliers de pratique artistique pour lesquels le jeune public est majoritairement sollicité. Il existe aussi des ateliers pour adultes et parfois des ateliers pour des publics spécifiques (handicapés sensoriels, population carcérale). Ces manifestations visent à l’appropriation du geste artistique par la pratique mais aussi à la création d’un lien (re)socialisant.

Le Centre d’Art Contemporain Australien (ACCA) de Melbourne développe un programme d’intégration par l’art à destination des jeunes immigrés de toutes origines récemment arrivés dans le pays. Les sessions comprennent plusieurs séances et se terminent par une journée de présentation des travaux avec famille et amis.

Savez-vous si des initiatives de ce type existent ailleurs que dans des pays anglo-saxons (dits pays du multiculturalisme) dans un cadre muséal institutionnel ?

Portail muséeImage acca





Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…

12 05 2009

… sur l’art moderne ou contemporain sans jamais oser le demander n’est pas le remake d’un film de Woody Allen mais l’accroche d’une manifestation du musée Ludwig à Cologne intitulée Kunst : dialoge (Art : dialogue). La règle est simple : vous posez votre question et une réponse vous sera donnée par des étudiants en art. Le musée a en effet constitué un groupe de 30 étudiants experts des universités de la région afin d’en faire des ambassadeurs de l’art. L’apothéose de ce projet est une Nuit de la jeunesse à l’aspect festif : réponses aux questions, découverte des oeuvres du musée et soirée avec buffet.

Cette opération est intéressante à plus d’un titre : elle est de pair à pair (des jeunes répondent à des questions d’autres jeunes), elle crée des passerelles entre l’université et le musée et contribue ainsi à la création d’un réseau dynamique de l’art à l’échelle métropolitaine et elle mêle plaisir et savoir.

 

Portail musée LudwigImage 4





De la visite à l’après-visite : je reviendrai !

9 05 2009

C’est le thème du voyage, du voyage intérieur, de quêtes individuelles, qui est mis à l’honneur pour cette troisième mise à jour de l’exposition permanente, mais non figée, du

MAC/VAL.

Pour l’appréhender dans les meilleures conditions, je décide de participer à une visite guidée.

Celle-ci se structure autour d’une sélection d’œuvres et d’installations. Le parcours prend l’allure d’un passionnant périple au sein des différents univers artistiques traversés. L’opacité que peut parfois revêtir l’art contemporain, fait place à une histoire, ou plutôt des histoires, résumées et illustrées par l’oeuvre exposée et explicitée par la conférencière.

C’est cette fameuse « remise en contexte » qui apparaît comme fondamentale pour apprécier pleinement une exposition d’art contemporain.

Les installations d’Alain Bublex Ryder project, de l’artiste coréenne Kimsooja, Bottari Truck-Migrateurs, de Pierre Ardouvin L’ile et  Holidays,  de Bathélémy Toguo ; mais aussi la compression de César, des  photographies de Jean-Luc Moulène, ou les vidéos de Cécile Paris, Bianca, et de Valérie Jouve, Time is working around Rotterdam, dévoilent ainsi leur « mystère » initial et toute leur signification emprunte de poésie, d’esthétisme et d’émotion. Les clés, les codes, sont disponibles pour que chacun interprète en fonction de son propre itinéraire personnel (pas de l’expo …)

En quittant le musée, impossible de rater les deux sculptures monumentales d’Alain Séchas, Les Grands fumeurs, qui, grâce à leurs bras mécaniques, goûtent au plaisir de la cigarette.

L’après-visite consistera à en savoir un peu plus encore sur ces artistes et ces œuvres, qui, il faut bien le reconnaître, m’auront intriguée. Au-delà de la plaquette et du catalogue de l’exposition, je m’oriente ainsi vers le site Internet du Mac/Val et découvre avec surprise la possibilité de suivre en mode audio, les commentaires des sympathiques Pascal et Joséphine, couple détonnant, qui visite (et surtout commente !) l’exposition.

Parallèlement, une présentation de l’œuvre de l’un des artistes de l’exposition Parcours 3, Bublex, est proposée, ainsi qu’un document de la collection CQFD, entièrement consacré à l’exposition.

De la lecture en perspective pour prolonger ce voyage inédit …Le titre de l’expo était prémonitoire, car c’est certain « Je reviendrai » !

Issoma

visuel visite recad





Le Consortium : un espace privilégié

7 05 2009

Depuis plus de 30 ans, l’association Le coin du miroir assure la promotion et soutient la création de l’art contemporain à Dijon, en Bourgogne. Elle gère les espaces du Consortium et de L’usine, deux lieux d’écoute privilégiée du visiteur, initié ou simplement curieux de cet art qui fait tant débat. Là où les horaires et thèmes des visites peuvent être à l’initiative du public, individuel ou en groupe :

“les visites commentées des expositions peuvent, à la demande, s’adapter à un programme scolaire ou aux centres d’intérêts des divers spectateurs (choix d’oeuvres exposées ou développement autour d’une thématique particulière). Ce qui semble par conséquent différencier notre accueil de celui d’une structure de type muséal est, peut-être, face à une fréquentation moins importante, une réponse plus adaptée, à l’écoute des besoins et des envies de chacun.”





Un réseau européen !

7 05 2009

Sept musées d’art moderne et contemporain européens proposent en partenariat la carte MUSEO LIBRE ! – notez le point d’exclamation – à destination des étudiants de moins de 26 ans inscrits en mobilité dans l’enseignement supérieur au sein de l’Union Européenne. La carte est un laissez-passez permettant pendant un an de visiter ces 7 musées gratuitement et d’avoir un accès privilégié à des activités culturelles.

D’autres musées devraient rejoindre cette initiative dès 2010. La culture devient un levier de mobilité pour les jeunes résidents européens. Certes, il s’agit encore d’un petit réseau et cela à double titre puisque seuls sept musées commencent l’expérimentation et que seuls les étudiants sont concernés mais il sera très intéressant de connaître les résultats de cette initiative, à la fois en terme de fréquentation et d’image pour ces musées. Sans parler des enjeux que représente l’appropriation d’un territoire élargi par des jeunes de cultures et de langues différentes.

 

Lisbonne, Portugal, Museu Colecçào Berardo 

Lodz,Pologne, Muzeum Sztuki  

Luxembourg, Luxembourg, Mudam  

Madrid, Espagne, Museo Reina Sofia 

Paris, France, Centre Georges Pompidou  

Stockholm, Suède, Moderna Museet  

Turin, Italie, Castello di Rivol





Connaître ses publics / Interview

6 05 2009

Beaucoup de musées souhaiteraient mieux connaître leurs publics afin de segmenter et d’améliorer leurs offres. Les questions posées au comptoir d’accueil sont rares et ne concernent souvent que l’origine géographique. En effet, toute autre requête est considérée comme une intrusion eu égard à la volonté de tranquillité supposée du visiteur. Or, les nouvelles règles de gouvernance qui gagnent les institutions culturelles vont peut-être obliger bientôt les musées à donner des statistiques plus précises à leurs tutelles. Dans notre travail d’observation des politiques des publics, nous avons découvert l’Indianapolis Museum of Art, qui affiche deux initiatives sur son site : d’une part, un compteur avec le nombre de visiteurs étudiants venus au musée et d’autre part, une cartographie  des publics appelée Admissions map précisant pour chaque code postal de la région, le nombre de visiteurs, leur âge mais aussi leur profession ou leur origine ethnique. Nous les avons interrogé par mail. Roz Wells, directeur des relations avec le public nous a répondu :

Muséopolis : Comment vous procurez-vous les informations sur votre public ?

Roz Wells : Les personnes qui travaillent à l’accueil billetterie demande à chaque visiteur qui entre (beaucoup d’expositions sont gratuites) s’ils viennent voir les expositions et si oui, si c’est la première fois, s’ils sont membres du musée ainsi que leur code postal. Nous ne demandons normalement pas l’âge, ni la profession ni d’autres renseignements. Cependant, nous indiquons s’il s’agit d’adultes, de jeunes de moins de 17 ans, d’enfants de moins de 7 ans, de senior, d’étudiants, de professeur ou de membres d’un groupe. Quand nous avons des expositions payantes, ce sont ces différentes catégories qui servent à établir les échelles de prix et ces distinctions nous servent aussi pour notre questionnaire d’entrée.

Muséopolis : Quel usage faites-vous de ces données ?

R. W : Ces données nous permettent de demander des subventions visant à compenser la gratuité des entrées. Souvent nous faisons aussi des enquêtes auprès de nos membres et de nos visiteurs de manière à améliorer nos offres à destination du public.

Portail musée

Admissions mapimage-13





Convivialité/ity

4 05 2009

L’accueil est un paramètre important de la politique des publics que les musées ne doivent pas négliger. L’offre en terme de cafés et de restauration en fait partie. Elle aide  à tisser le lien qui va attacher une personne à un lieu et peut-être créer une habitude de visite. Il est très courant de trouver sur les sites anglo-saxons de théâtres ou de musées la liste exhaustive des mets proposés, incluant menus végétariens et menus de saison. Nous n’avions pas encore vu cependant sur un site une interview en images – appétissantes – du Chef du restaurant. En voici un exemple, en anglais, puisqu’il s’agit de Jennifer Maloney, Chef du Café Sebastienne au Kemper Museum of contemporary art de Kansas city.

qui nous parle de son métier et de ce qui l’inspire pour créer des plats. En outre, ce qui est remarquable au Café Sebastienne, c’est que vous « consommez» de l’art à chaque repas : « you get free art with any meal ». Comment ? Jetez un oeil à ce « colourful restaurant ».

Portail Kemper Museum

Interwiew du Chef Jennifer Maloneyimage-3








Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.